Coronavirus : que faire face à la chute de la bourse ?

Que faire face à la chute de la bourse provoquée par le coronavirus ? L’expansion du virus a entraîné une chute spectaculaire des principaux indices boursiers mondiaux. Si vous avez suivi nos conseils et investi en bourse, peut-être commencez-vous à être inquiet(e) ou à vouloir exploiter cette opportunité. Faisons donc le point pour définir la marche à suivre.

Cet article a été originellement publié le 2 mars 2020, mis à jour le 12 mars puis remis à jour le 25 mars 2020

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Rassurez-vous, on est encore loin de l’apocalypse zombie…

 

Les craintes liées au coronavirus ont fait plonger les indices boursiers de plus de 30%

 

D’où vient cette chute et est-elle justifiée ?

L’ampleur du retournement sur les marchés est assez impressionnante. À l’heure où j’écris ces lignes, le CAC 40 a abandonné plus de 30% depuis son point le plus haut de l’année. De son côté, le S&P500 frôle également la barre des -30%. Nous revenons sur les niveaux de 2016, effaçant ainsi plus de 3 ans de progression des cours. En conséquence, les principaux indices mondiaux affichent une performance catastrophique depuis le début de l’année.

Retenez bien d’ailleurs la barre des -20%. Dès lors qu’elle est franchie, on considère qu’on passe d’une correction à un marché baissier. Nous avons donc dépassé la simple correction.

 

Mais alors d’où vient ce soudain retournement et est-il justifié ?

Globalement, deux choses inquiètent les marchés et c’est la confirmation de la seconde qui a entraîné cette chute. Le léger rebond n’a pas tenu pour des raisons que nous allons aussi aborder.  Commençons par la première crainte qui porte bien sûr sur le marché chinois.

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Les craintes sur le marché chinois 

La croissance chinoise était déjà annoncée en baisse cette année, avec des prévisions aux alentours de 6% — oui, c’est une faible croissance en Chine. Or avec l’épidémie, les Chinois restent chez eux et consomment donc moins. Mais surtout, la Chine demeure l’usine du monde. Et cette usine est en train de se mettre à l’arrêt. Apple a par exemple annoncé début février qu’il ne pourrait atteindre ses objectifs financiers pour le premier semestre 2020. Les usines de son principal sous-traitant pour la fabrication d’iPhones ont dû fermer, ce qui devrait entraîner une pénurie d’iPhones ou a minima des retards de livraison.

Au-delà du secteur technologique, le constat est similaire dans de nombreux autres secteurs économiques, dont la médecine. Ici, c’est principalement le manque de matières premières qui est à craindre, même si rien n’est encore confirmé. Malgré cela, ce n’est pas ce qui a fait paniquer les marchés.

 

Touchée, l’Europe fait paniquer les bourses

L’effondrement s’est produit à cause de la confirmation de la présence de foyers d’infection en Europe. En l’occurrence, en Italie du nord. Cette confirmation est venue d’une annonce par l’Italie le samedi 22 février de la mise en isolement d’une dizaine de communes pour faire face à l’épidémie. En zoomant sur les graphiques des indices boursiers, la rupture est très nette entre le vendredi 21 au soir et le lundi 24 au matin. On le voit ainsi sur le CAC 40 :

La zone en bleu correspond au week-end du 22-23 février. Les marchés sont fermés à ce moment, mais sur le graphique la ligne du cours du CAC 40 continue. Si vous regardez la ligne bleue, on voit que le CAC évoluait depuis une bonne semaine autour des 6000 points, malgré la montée du bilan du coronavirus. Mais c’est bien ce week-end du 22-23 qui a tout fait basculer.

La raison est très simple. L’Union européenne est la deuxième puissance économique mondiale, devant la Chine et derrière les États-Unis. Son PIB en 2018 était de 18 800 milliards de dollars, contre 13 600 milliards de dollars pour la Chine (Banque Mondiale). Or, l’économie est interconnectée. Ainsi, en 2018, un peu plus de 40% du chiffre d’affaires des entreprises du S&P 500 était réalisé hors des États-Unis d’après Factset. Leurs deux premiers marchés étant la Chine et l’Europe. Et quel est le secteur le plus exposé à l’étranger ? Vous l’aurez sans doute deviné… Celui des technologies de l’information. À savoir, les GAFAM !

Le léger rebond n’a cependant pas tenu

On a observé sur le 2-3 mars une remontée des cours de bourse (+3% sur le CAC 40). Elle n’a cependant pas tenu et les cours se sont à nouveau effondrés. Les causes ici sont à nouveau multiples mais tiennent essentiellement à la chute des prix du pétrole (- 25%).

Vous le savez sans doute, les pays producteurs de pétrole essaient de s’entendre pour contrôler le prix du pétrole, en fonction de leurs intérêts du moment. Il s’agit parfois de les maintenir hauts pour engranger d’importants bénéfices, ou au contraire de les faire s’effondrer dans l’espoir de sortir des concurrents du marché (en l’occurence dernièrement les États-Unis avec leur production de pétrole de schiste). Ces tentatives de contrôle du prix passent par la fixation de la production de chaque pays. Or, à la dernière réunion de l’OPEP+ (OPEP + la Russie), la Russie a refusé de baisser sa production pour ne pas perdre de parts de marché. L’Arabie Saoudite a alors annoncé qu’elle maintiendrait sa production. En conséquence, les prix se sont effondrés puisque la situation de surproduction perdure.

 

Tous les secteurs économiques ne sont pas exposés de la même manière

On a évoqué le secteur tech. Effectivement, toutes les actions ne sont pas égales devant le coronavirus. Il est évident que des secteurs tels que l’aviation ou encore l’hôtellerie sont très exposés. Airbus a ainsi perdu 43% et Air France 55%. D’autant que l’épidémie se produit durant le nouvel an lunaire chinois, qui est traditionnellement une intense période touristique. De l’autre côté, certaines entreprises pourrait tirer leur épingle du jeu. Cela serait par exemple le cas de celles qui offrent de la livraison à domicile où proposent des services consommables à domicile (ex : Netflix).

>Prudence toutefois. On a eu le droit à une floppée d’articles sur la flambée de l’action Netflix le 26 février (+ 5%). Mais depuis, l’action est en baisse et cette hausse presque effacée. Donc comme toujours, évitez de chercher les gagnants de cette crise, surtout dans ces conditions de marché, et privilégiez les trackers ou les actions “bon père de famille”.

Donc concrètement, on fait quoi ? On vend ? On achète ?

 

Que faire en bourse ?

 

Une petite mise au point importante

L’analyse économique et financière compte parmi ses défauts le fait de réduire les personnes de chair et d’os que vous et moi sommes à des chiffres, notre passé à des actifs et notre futur à des probabilités. Alors que j’écrivais cet article, Mounir me l’a justement rappelé, tel Ben Rickert dans The Big Short :

If we’re right, people lose homes. People lose jobs. People lose retirement savings, people lose pensions. You know what I hate about f***ing banking? It reduces people to numbers. Here’s a number – every 1% unemployment goes up, 40,000 people die, did you know that?

Dans les lignes qui suivent, nous allons parler de l’impact de maladies qui tuent sur des indices boursiers. Ce qui se passe dans la vraie vie a toujours un impact économique et financier. C’est pourquoi nous voulons en discuter et faire la lumière sur ce sujet, pour vous permettre de prendre les meilleures décisions possibles. Cela posé, n’oublions pas le respect que nous devons aux victimes de cette épidémie, des précédentes, et aux hommes et femmes qui luttent pour nous garder en bonne santé.

Cette mise au point effectuée, reprenons notre article. En mettant à jour cet article, j’ai séparé les conseils en fonction des profils :

 

Que faire face à la chute de la bourse à cause du coronavirus si vous avez conservé vos actions ?

Pas de panique à bord, conservez vos positions

On ne se refait pas. Le mantra du Money Doctor demeure l’investissement pour le long-terme, donc sur le long-terme. Or, ce type d’investissement se joue justement des fluctuations de court-terme des marchés. Même s’il s’agit d’un effondrement de 30%. Si vous investissez régulièrement, par exemple 100 € par mois, continuez. Ne paniquez pas et ne vendez pas en masse vos actions.

N’oubliez d’ailleurs pas qu’en vendant vos actions, vous matérialisez votre perte. C’est le sens de l’adage : “tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu”. L’autre problème est qu’on ne sait plus quand revenir sur les marchés. C’est le piège dans lequel tombent beaucoup de petits épargnants durant les crises. Ils vendent au plus bas, matérialisant ainsi leur perte, puis reviennent sur les marchés quand les prix ont remonté. C’est donc la double peine.

Comprendre cela est d’autant plus important que les marchés semblent relativement insensibles aux épidémies et que toute crise a une fin.

Les marchés semblent relativement insensibles aux épidémies 

Les analystes de la société Dow Jones ont ainsi analysé les performances du S&P 500 lors des épidémies survenues ces dernières décennies. J’ai repris une partie de ces données citées par MarketWatch et j’ai ajouté des informations sur le nombre de personnes contaminées et décédées. Ces statistiques peuvent paraître un peu glauques pour certaines, mais j’avoue qu’après avoir construit ce tableau, j’avais beaucoup moins peur du Coronavirus et soudain très peur d’Ebola !

 

Les données sur le coronavirus sont issues d’un dashboard de l’université Johns Hopkins qui est mis à jour en temps réel.

 

On voit globalement que le marché semble assez insensible. Cette impression est confirmée par ce graphique, mis au point par les analystes de Charles Schwab (l’un des plus grands courtiers en bourse aux États-Unis) et cité dans ce même article :

Donc globalement, sur le long-terme, les épidémies ne semblent pas influencer le marché. C’est une excellente nouvelle, d’autant plus qu’il n’est pas aisé voire impossible d’investir sur des valeurs refuges telles que l’or depuis un PEA.

Les mouvements baissiers durent en moyenne un peu plus d’un an 

Toute crise a une fin. Comme je vous le disais, au-delà d’une chute de 20%, on considère que le marché boursier entre dans une phase baissière. Or, celles-ci n’échappent pas à cette règle.

Les analystes de Goldman Sachs ont calculé que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le marché a connu 12 phases baissières (cités par Investir). En moyenne, ces phases baissières durent 14,5 mois pendant lesquels les cours chutent de 32,5 %. Il faut ensuite 24 mois pour retrouver le niveau de cours préalable à la phase baissière. Le CAC 40 ayant presque chuté de 30%, il est donc probable que l’on arrive sur la fin de la baisse.

Que faire face à la chute de la bourse à cause du coronavirus si vous avez vendu vos actions ?

Dans le cas général, revenez sur des trackers

Globalement, quel que soit le moment auquel vous avez vendu vos actions, la réponse est la même : il faut retourner sur les marchés. Bien sûr, votre état d’esprit ne sera pas le même suivant que vous avez matérialisé une plus-value ou une perte.

Pour tirer parti de la chute des cours et accélérer votre route vers la liberté financière, revenez doucement et en privilégiant les trackers. Ne réinvestissez pas en une seule fois le fruit de la vente de vos actions. Étalez sur au moins un mois votre retour sur le marché. Vous pouvez même aller bien au-delà d’un mois. Cela vous permettra d’être moins sensible aux variations de très court-terme. Privilégiez également les trackers pour diversifier au maximum votre portefeuille. Vous avez par exemple des trackers d’Amundi (LU1681047079) et de Lyxor (FR0007052782) éligibles au PEA et qui répliquent la variation du CAC 40. Autant dire qu’ils sont soldés !

Prendre position sur quelques actions pour aller plus loin

Ce qui suit s’applique plutôt si vous avez déjà un peu d’expérience sur les marchés et surtout si vous voulez gérer un peu activement vos portefeuilles. Dans le cas contraire, demeurez sur des trackers, vous serez déjà en très bonne route vers la liberté financière 👍

L’idée est très simple, il s’agit de prendre aussi des positions sur des actions “bon père de famille” qui sont actuellement sous cotées.

En toute transparence, comme je l’expliquais déjà dans un post revenant sur nos performances en 2019, je gère un peu “activement” mon PEA. Cette stratégie me permet de faire des aller-retours défiscalisés. J’ai cédé en octobre 2019 une bonne partie des actions que je détenais (en trackers et en stock-picking) dans mon PEA. Cela m’a permis de sécuriser mon capital et ma plus-value. Je l’ai fait car à l’époque, je n’avais pas entendu parler du coronavirus, mais croyais fermement à une importante correction des marchés en 2020.

Aujourd’hui, le plongeon des marchés a effacé trois années de hausse des marchés. J’ai donc entrepris de revenir tout doucement sur les marchés. J’ai réinvesti 1/5e de mes disponibilités sur mon PEA début mars, après la première chute de 10% des marchés. Je vais réinvestir à nouveau 1/5 dans les prochains jours, et ainsi de suite. J’applique la même stratégie qu’en 2018 et 2019 : une base d’ETF sur le CAC 40 et des actions d’entreprises dont je comprends le marché et dont j’estime qu’elles ont un fort potentiel sur le long-terme. Sur ce point j’étais très orienté luxe (LVMH et L’Oréal) ces deux dernières années. Je continue mais je vais sans doute revenir aussi sur de l’industrie (Air Liquide).

Je reste donc investi sur le long-terme, sur les mêmes actifs, mais je fais des aller-retours opportunistes de temps à autre. Bien sûr, à mes risques et périls !

 

Que faire face à la chute de la bourse à cause du coronavirus si vous n’avez pas d’actions ?

C’est le moment d’en profiter pour entrer sur le marché. La première des choses à faire est d’ouvrir un compte-titres et un PEA. Le PEA vous permet de bénéficier d’une taxation beaucoup plus faible sur vos plus-values, à condition de ne pas retirer votre argent pendant au moins 5 ans et de n’investir que sur des sociétés dont le siège est situé dans l’Union Européenne.

Pour commencer à investir, je vous conseille de privilégier votre PEA et de débuter avec des trackers répliquant le CAC 40. Vous avez par exemple des trackers d’Amundi (LU1681047079) et de Lyxor (FR0007052782). Vous pourrez ensuite aller sur des trackers Europe voire monde, ou sectoriels, toujours éligibles au PEA (il s’agit d’ETF à réplication synthétique). Nous vous conseillons binck.fr pour y ouvrir vos comptes, puisqu’ils sont les moins chers ou parmi les moins chers du marché en termes de frais (Money Doctor n’a pas de liens avec eux). 

Une fois votre PEA ouvert, n’hésitez pas à étaler vos investissements dans le temps. Si vous avez 1 000 € à placer, vous pouvez placer 500 € cette semaine et 500 € à nouveau dans un mois. Cet étalement dépend bien sûr du montant que vous avez à placer et de votre capacité mensuelle d’investissement. Si vous avez 1 000 € à placer mais que dès le mois suivant vous pourrez à dégager chaque mois 1 000 € d’épargne à investir sur votre PEA, investissez vos 1 000 € en une fois.

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Si demain vos collègues vous demandent à la pause café que faire pour se protéger en bourse du coronavirus, vous saurez quoi leur répondre. Et s’ils veulent vous serrez la main👇

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J’espère que cet article vous permettra de mieux faire la part des choses et surtout de ne pas paniquer. 

Pour aller plus loin, vous pouvez lire nos articles sur :

N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos questions en commentaire de cet article ou à me les poser directement par mail ✍🏻

 

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