Les dangers de l’Economic Outpatient Care

Un article qui nous vient de TMND (The Millionaire Next Door) pour vous prĂ©senter les dangers de l’Economic Outpatient Care.

 

La vie serait sans doute plus facile si nos parents nous donnaient un peu plus d’argent. Si Ă  NoĂ«l, au lieu du dernier Michel Bussi on trouvait 15 000 euros dans notre chaussette. Si Ă  chaque fois qu’on venait les voir, ils nous glissaient quelques billets. S’ils prenaient en charge les frais de scolaritĂ© de nos enfants, dans le privĂ©. Et en plus, s’ils nous remboursaient nos dĂ©penses mĂ©dicales quand on va chez le dentiste. S’ils nous donnaient assez d’argent pour constituer un apport pour acheter cette belle maison dont on rĂȘve tant. On continue ?

Si vous vous sentez aussi mal Ă  l’aise en lisant cela que je l’ai Ă©tĂ© en l’écrivant, alors tout le monde est mal Ă  l’aise. Ce qui n’est Ă©videmment pas le but de cet article. Le but de cet article est au contraire de vous parler de ce que Stanley et Danko nomment l’Economic Outpatient Care dans The Millionaire Next Door, pour le comprendre et ne pas tomber dans ce piĂšge. Et ce que l’on soit donateur ou receveur.

 

Qu’est-ce que l’EOC ? Est-ce tant rĂ©pandu que cela ?

 

L’Economic Outpatient Care est la situation dans laquelle le niveau de vie d’une famille ou d’un couple dĂ©pend des transferts effectuĂ©s par ses ascendants en sa faveur. Plus concrĂštement, cela signifie que les receveurs vivent au-dessus de leurs moyens, aux frais de leurs parents, voire de leurs grands-parents.

Dans leur livre, Stanley et Danko soulignent Ă  quel point l’EOC est rĂ©pandu aux États-Unis : 46% des millionnaires donnent Ă  leurs enfants au moins 15 000 dollars chaque annĂ©e en EOC, au travers de cadeaux, dons en liquide, factures prises en charge, etc. Les donnĂ©es datent un peu puisque l’enquĂȘte Ă©tait rĂ©alisĂ©e en 1995-1996. Mais lĂ  n’est pas le propos. 15 000 dollars Ă  cette Ă©poque, cela reprĂ©sente aujourd’hui prĂšs de 25 000 dollars[1], soit environ 21 500 euros. Le salaire mĂ©dian en France est de 1 700 euros par mois, soit 21 800 euros par an. Cela signifie que ces 15 000 dollars reprĂ©sentent plus d’un an de salaire pour la moitiĂ© des Français. On comprend donc que les rĂ©cipiendaires de telles cadeaux puissent vivre vĂ©ritablement au-dessus de leurs moyens.

Ces largesses s’incarnent de façons diffĂ©rentes selon l’enquĂȘte qu’ils ont mené :

Types d'Economic outpatient care

Les différentes formes que peut prendre le soutien parental

 

Les dangers de l’Economic Outpatient Care

 

En moyenne, les ménages bénéficiant de cette perfusion économique sont moins riches que les ménages comparables. Leurs revenus sont inférieurs de 10% en moyenne et leur net worth est inférieure de 20%.

En particulier, les mĂ©nages sous perfusion sont en moyenne des sous-accumulateurs d’épargne (oui, il s’agit de la plus mauvaise traduction possible de « under-accumulator of wealth »). Cela provient de plusieurs facteurs :

  • Ils se pensent plus riches qu’ils ne le sont. Recevoir 21 500 € revient Ă  avoir un capital de 300 000 € placĂ© Ă  7%. Les mĂ©nages sous perfusion ont donc l’impression d’avoir un capital bien plus important et donc ne sentent pas le besoin d’épargner autant qu’ils le devraient.
  • Ces cadeaux sont faits pour ĂȘtre dĂ©pensĂ©s.
  • Ces cadeaux entraĂźnent parfois une spirale de dĂ©penses : les grands-parents payent pour que leurs petits-enfants aillent dans un lycĂ©e privĂ©, mais leurs parents doivent alors leur acheter des vĂȘtements plus chers, changer de voiture, etc. (oui c’est un Ă©norme clichĂ©, mais ce n’est pas pour autant qu’il est erronĂ©).

 

Est-ce vraiment mal d’aider ses enfants ?

 

Absolument pas ! Soyons trĂšs clairs lĂ -dessus ! Nous parlons ici d’une minoritĂ© de cas. Mais il est important de comprendre ce phĂ©nomĂšne car il est possible que l’on soit dans le cas du receveur, sans en avoir conscience, ou que l’on s’apprĂȘte Ă  devenir le donateur, sans vraiment comprendre ce que cela implique.

Imaginez que vous ĂȘtes dimanche. Le repas de famille chez vos parents vient de s’achever. Vous ĂȘtes au salon, confortablement installĂ© autour d’une boisson chaude et de petits biscuits. Un feu craque dans la cheminĂ©e. Dehors, le jardin de votre enfance est illuminĂ© par le soleil. Le moment parfait pour une petite sieste
 Vos parents s’assoient en face de vous. Ils vous annoncent alors qu’ils ont dĂ©cidĂ© de donner une grande part de leur patrimoine Ă  plusieurs associations et savent que vous comprenez.

PiĂšge de l'economic outpatient care

Excuse me, what ?

Qu’avez-vous ressenti en lisant cela ?

Si un sentiment d’injustice s’est emparĂ© de vous, et que vous avez hurlĂ© « mais c’est mon patrimoine ! », alors c’est sans doute que vous avez chutĂ© dans la trappe de l’economic outpatient care.

Si vous ĂȘtes parent, voilĂ  une bonne idĂ©e pour Ă©gayer votre prochaine rĂ©union de famille 😉

Plus sĂ©rieusement, je sais que cet article met le doigt sur un problĂšme trĂšs personnel car il touche non seulement la façon dont chacun gĂšre son argent, mais aussi la façon dont on le gĂšre dans une famille. C’est un sujet un peu tabou, mais c’est justement pour cela que nous l’abordons dans cet article.

Je finis cet article en disant que j’ai cherchĂ© Ă  comparer cela avec la France, mais pour l’instant je n’ai pas pu mettre la main sur des donnĂ©es aussi qualitatives et prĂ©cises. Si vous en avez Ă  partager, je suis preneur ! Je continuerai de regarder, et si je trouve quelque chose, ce sera pour un prochain article âœđŸ»

 

 

[1] https://www.dollartimes.com/inflation/inflation.php?amount=1&year=1995

Image de vignette originale par Milan De Clerc. IcÎne Homme fauché par Gan Khoon Lay

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