Guide 2020 du plan d’épargne retraite (PER)

Nous allons dans ce guide vous décortiquer le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite (PER) afin qu’il n’ait plus de secrets pour vous et que vous sachiez comment l’utiliser afin d’atteindre la liberté financière.

Qu’est-ce que le PER ?

Quels placements le PER remplace-t-il ?

Le Plan d’Épargne Retraite est un nouveau placement d’épargne retraite qui remplace les PERP, Perco, Madelin, Madelin Agricole, Article 83, Préfon, COREM et CRH. Le terme “remplacer” ne signfie pas que vos contrats existants seront convertis en PER ou clôturés. Cela veut dire qu’il n’est plus possible de souscrire à un nouveau contrat de ce type. À ce sujet, sachez que vous pouvez faire transférer votre ancien contrat vers un nouveau PER.

Il est tout à fait possible de cumuler un PER avec l’un de ces anciens contrats d’épargne-retraite. Votre ancien contrat cohabitera alors avec votre PER dans votre patrimoine. C’est comme si vous utilisiez un PEA ou une assurance-vie pour préparer votre retraite. Affecter ces supports à cet objectif patrimonial ne vous empêche pas de souscrire à un produit d’épargne-retraite. Il est même opportun de le faire, et nous vous expliquerons bientôt pourquoi.

Comment fonctionne le PER ?

En pratique, il faut distinguer deux catégories de Plan d’Épargne Retraite : le PER bancaire et le PER assurantiel.

Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres associé à un compte espèces. Le PER assurantiel de son côté est un contrat de capitalisation, qui ressemble donc à un contrat d’assurance-vie.

Le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite est simple. Vous abondez régulièrement de l’argent sur ce placement, que vous investissez ensuite vous-même si vous n’êtes pas en mandat sous gestion. Si votre PER est un PER entreprise, vous pouvez bénéficier des abondements de votre employeur. En fin d’année, une partie de vos versements est défiscalisée, ce qui vous permet de réduire votre impôt sur le revenu. Dans le cas général, votre PER est bloqué jusqu’au jour de votre départ en retraite. Vous pourrez alors récupérer votre épargne sous forme de rente ou en capital.

Par défaut, le Plan d’Épargne Retraite est géré en gestion pilotée et le gérant se doit de réduire le risque de votre placement à l’approche de votre retraite (c’est ce qu’on appelle la sécurisation progressive).

Ouverture du PER

Qui peut ouvrir un PER ?

Il existe en réalité 3 types de PER différents : le PER individuel (ex-PERP et ex-Madelin), le PER d’entreprise facultatif (ex-PERCO) et le PER d’entreprise obligatoire (ex-Article 83). Vous pouvez tout à fait cumuler plusieurs PER.

Tout le monde peut ouvrir un PER individuel. Il est ouvert à tous, sans condition d’âge, de revenus ou de statut. On peut donc ouvrir un PER individuel même si l’on est au chômage, étudiant ou retraité. Les PER d’entreprise comme leur nom l’indique sont ouverts aux salariés de certaines entreprises.

Comment ouvrir un PER ?

Pour un PER individuel, il vous suffit de vous rapprocher d’une banque, d’un assureur ou d’un courtier, disposant d’une offre.

Si vous êtes salarié(e), rapprochez-vous de votre employeur pour savoir s’il vous en met un à disposition et dans quelles conditions.

Les versements sur le PER

Comment abonder son PER ?

Quel que soit le type de Plan d’Épargne Retraite, le moyen le plus simple d’abonder son PER est de l’alimenter avec son épargne, comme pour n’importe quel autre placement financier.

Dans le cas d’un PER entreprise, vous avez d’autres sources d’abondement. Retenez tout d’abord que votre employeur peut vous forcer à effectuer des versements réguliers sur votre PER. Vous pouvez également y faire verser votre épargne salariale, c’est-à-dire votre intéressement, participation, mais aussi votre compte épargne temps (CET).

De manière très pratique, ces sommes iront alimenter 3 compartiments distincts (abondement, versements volontaires et épargne salariale). Il n’est pas possible de déplacer ces sommes d’un compartiment à un autre. Logiquement, dans le cadre d’un PER individuel, seul le compartiment des versements volontaires est accessible. Notez bien que comme votre PER est par défaut en gestion pilotée, qu’il possède 1 ou 10 compartiments ne change rien à sa gestion de votre point de vue.

Une défiscalisation optionnelle de vos versements sur le PER

Toutes les sommes que vous versez sur votre Plan d’Épargne Retraite vous aident à réduire votre impôt sur le revenu. Vous pouvez ainsi potentiellement effacer votre imposition. Avant de voir si vous avez intérêt à le faire, comprenons comment fonctionne ce mécanisme.

Prenons l’exemple d’un célibataire dont le revenu net imposable est de 40 000 €. Son impôt brut est de 6 017,34 €. Son taux marginal d’imposition (TMI) est donc de 30 % puisqu’une fraction de ses revenus est imposable à 30 %. Il effectue un versement de 10 000 € sur son PER individuel. Ces 10 000 € sont normalement imposés au taux de 30 %. On multiplie donc le montant versé par le taux de la tranche d’imposition pour obtenir le montant de la réduction d’impôt. Dans ce cas, 10 000 * 0,3 = 3 000 €. Cela signifie que son impôt sur le revenu redescend à 3 017,34 € et qu’il a tout de même épargné 10 000 €. Tout se passe donc comme si le fisc vous faisait un virement pour abonder votre PER.

Il est possible d’annuler totalement votre impôt sur le revenu par les versements effectués sur votre PER. Du moins dans la limite du plafond de défiscalisation prévu par la loi. Le montant de votre plafond est indiqué sur votre avis d’imposition. Notez bien que ce plafond concerne tous vos placements d’épargne retraite.

Le montant du plafond est indiqué sur votre avis d'imposition.

Sachez toutefois que vous pouvez avoir intérêt à ne pas opter pour une défiscalisation de vos versements. On vous explique très vite pourquoi.

La sortie du PER

Quelles sont les conditions de clôture d’un PER ?

En règle générale, vous ne pourrez récupérer l’argent que vous avez investi sur votre Plan d’Épargne Retraite que le jour de votre départ à la retraite. Deux cas de retraits anticipés sont toutefois prévus par la loi : en cas d’achat de votre résidence principale ou en cas d’accident de la vie. Notez d’ailleurs que la possibilité de sortir de votre PER pour financer l’achat de votre résidence principale est l’un des grands avantages du PER sur les produits d’épargne retraite qu’il remplace.

La fiscalité à la sortie du PER

La fiscalité à la sortie d’un PER dépend tout d’abord du choix que vous avez fait en matière de fiscalité de vos versements. Pour faire simple, si vous avez choisi de défiscaliser vos versements, vous serez imposé sur le montant global de votre PER. Dans le cas contraire, vous ne serez imposé que sur vos gains.

Ensuite, la fiscalité dépend de votre mode de sortie. Vous avez le choix entre une sortie en rente ou une sortie en capital. Ce tableau vous résume la fiscalité à la sortie d’un PER :

On peut réellement mettre sur pied une vraie stratégie sur son PER. Il est ainsi possible d’effectuer des retraits partiels ou encore de mixer la sortie en rente avec la sortie en capital. Notez également que la fiscalité à la sortie peut être très avantageuse si vous avez défiscalisé vos versements. Il peut en effet exister une différence entre le montant de la tranche d’imposition sur laquelle vous réduisez votre IR et celle à la sortie. En outre, ces sommes défiscalisées ont pu produire des gains. En conséquence, il faut vraiment choisir avec soin l’option fiscale que vous prendrez sur vos versements, mais également le mode de sortie.

Pourquoi ouvrir un PER ?

On vous a expliqué concrètement comment fonctionne le Plan d’Épargne Retraite. Mais dans la réalité, cela ne vous dit pas si vous avez intérêt à en ouvrir un ni comment l’utiliser.

Cas dans lesquels ouvrir un PER est un no-brainer

Il y a plusieurs cas dans lesquels vous avez un intérêt évident à ouvrir un PER et à l’utiliser pour épargner pour votre retraite :

  • Si votre TMI est au moins égal à 30 % (cela veut donc dire 30 %, 41 % ou 45 %). Utiliser votre PER pour jouer sur votre fiscalité est ici vraiment intéressant.
  • Si votre employeur abonde votre PER avec des versements complémentaires. C’est globalement de l’argent gratuit, profitez-en !
  • Si vos anciens produits d’épargne retraite étaient chargés en frais et peu performants. Dans ce cas vous avez intérêt à les transférer en PER pour améliorer votre rendement (on vous explique cela plus bas).

Dans ces cas, cela veut dire que si vous n’avez pas de PER imposé par votre employeur (ou alors qu’il est de piètre qualité), vous avez intérêt à ouvrir un PER individuel.

Vous avez intérêt à épargner pour votre retraite

Ce paragraphe ne concerne donc pas juste le PER mais toute la démarche d’épargne en vue de sa retraite. Même si vous ne souhaitez pas prendre une retraite anticipée et lisez ce guide et ce site seulement pour vous informer, vous avez intérêt à épargner pour votre retraite.

Selon les chiffres de l’AFG, la retraite moyenne est de 1 550 € nets par mois. Mais un tiers des femmes et un quart des hommes retraités reçoivent moins de 1 000 € de pension par mois. Dans ces conditions, la retraite n’est pas de perpétuelles vacances au soleil et croisières. N’oubliez pas non plus qu’en moyenne, vous vivrez encore 25 ans après avoir pris votre retraite. Rendez-vous service : épargnez pour votre retraite.

Comment utiliser le PER pour atteindre la liberté financière ?

Rentrons maintenant dans le vif du sujet et la partie qui nous intéresse le plus. Le PER est un outil. Comment l’utiliser au mieux ?

Vous l’aurez compris, dans certains cas, ouvrir un PER et l’utiliser pour épargner est un no-brainer. Concrètement, le PER vous permettra de vous enrichir encore plus vite qu’un autre produit d’épargne car le fait de jouer sur la fiscalité vous permet en réalité d’augmenter votre rendement — si vous gérez bien cela toutefois. Cependant, le déblocage à la retraite semble contraire au FIRE. À moins que…

À moins que vous n’appliquiez ce que l’on pourrait nommer la “stratégie du chameau”. L’idée est simple, il s’agit d’atteindre la liberté financière avec une première série de placements dont vous consommerez peu à peu le capital jusqu’au jour de votre retraite, et de vivre à ce moment grâce à vos droits à la retraite et épargne retraite.

La stratégie du chameau

Comment choisir un PER ?

Quels sont les critères à utiliser pour choisir un PER ?

En matière de placements financiers, il est bon d’être très sélectif sur le choix de ses investissements. On a tôt fait de se laisser convaincre par des produits chargés en frais commercialisés par notre banquier, quand ce ne sont pas des arnaques pures et simples. Heureusement, plusieurs PER se détachent du lot et offrent de réelles opportunités d’investissement. Avant de vous les présenter, prenons un moment pour vous expliquer les critères de choix d’un PER.

  • Les frais. C’est le critère le plus important. Plus le placement est chargé en frais et plus votre performance sera faible. Notre règle chez Money Doctor est de jamais investir sur un placement présentant des frais d’entrée, sur versement, de sortie, d’arbitrage ou de transaction. Dans la réalité, on peut moduler cette règle dans certains cas bien précis. Mais en règle générale, n’investissez jamais sur de tels produits, ou commencez par dire non puis par rechercher une alternative. Visez également des frais de gestion très faibles. On parle de moins de 1 % par an. Ces frais de gestion sont notamment influencés par les supports disponibles, ce qui nous amène à notre deuxième critère.
  • Les supports disponibles sur lesquels votre épargne est investie. Dans le monde financier, on appelle cela les sous-jacents. L’épargne de votre PER peut être investie sur un fonds euros, des SCPI, des ETF, des OPCVM, etc. Sachez que plus vous allez vers des sous-jacents gérés activement (OPCVM) et traditionnellement gourmands en frais (SCPI), plus le montant de vos frais de gestion sera élevé à la fin. Il est d’autant plus opportun d’étudier cela que bien souvent, vous ne gérerez pas vous-même votre allocation. Ce qui nous amène à notre troisième critère.
  • Le mode de gestion. Votre PER est par défaut en gestion pilotée, mais vous pouvez opter pour la gestion libre. Techniquement le fait d’être en gestion libre devrait vous permettre de réduire vos frais de gestion, mais n’est pas non plus gérant (ou algorithme en l’occurence) qui veut et c’est donc vraiment à vos risques et périls (en l’espèce il s’agit de votre performance et de la volatilité de votre portefeuille). J’ajouterai au mode de gestion le fait de pouvoir souscrire en ligne et gérer en ligne votre contrat.
  • Les modalités de sortie. Votre PER doit vous permettre de sortir en capital et/ou en rente. Vous devez avoir la liberté de jouer sur les deux tableaux. Pour la sortie en rente, il faut également étudier de près les options possibles et les tables de mortalité de l’assureur (qui vont donc influencer le montant qui vous sera réellement versé).

Globalement il s’agit des principaux critères. On pourrait rajouter à cela le fait que le contrat soit déposé dans une banque ou un assureur solide, mais c’est globalement toujours le cas. J’aurai également ajouté l’importance d’avoir un service client de qualité, souvent disponible. Le seul problème sur ce point est qu’il n’est jamais évident de juger de la qualité de ce service a priori, il faut soit le tester par soi-même soit demander des avis à des connaissances.

Quel est le meilleur PER ?

On va très bientôt répondre à cette question avec une mise à jour de cet article. En effet, Yomoni est en train de dévoiler son PER, qui pourrait bien remporter cette palme. Stay tuned…

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